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La destruction d’une prairie en agriculture biologique
Mots-clefs :Chiendent, Destruction mécanique d'une prairie, Vie microbienneAucune réponsePar Catherine Goulet, agronome chargée de projet pour le G.R.A.IN. des Hautes-Laurentides
29 juillet 2011
La faible activité biologique des sols et la pression de mauvaises herbes vivaces, principalement le chiendent, sont deux problèmes récurrents sur les fermes de la région. Sans la possibilité d’avoir recours aux herbicides, les producteurs biologiques utilisent souvent la méthode du labour, à l’automne ou au printemps, pour détruire leur prairie et débuter leur rotation de céréales. Il existe pourtant une alternative : la destruction par déchaumage suivie d’une jachère. Activer la vie du sol en favorisant la décomposition en surface des résidus et contrôler les mauvaises herbes vivaces, tels sont les objectifs de la méthode à l’essai chez deux producteurs participants au Laboratoire cette année.
Déchaumage de la prairie : pourquoi?
Pour décomposer les résidus végétaux, les microorganismes du sol ont besoin d’oxygène. Dans un sol où l’activité biologique est faible et la structure non optimale, le labour déplace la couenne de prairie dans une couche de sol où il y a peu d’air et la décomposition est ralentie. Les éléments nutritifs peuvent alors être immobilisés pendant plusieurs années. Il n’est pas rare en effet de voir des résidus non décomposés 2 ou 3 ans après l’enfouissement de la prairie (ou même plus).
D’autre part, la pression de chiendent dans une vieille prairie est souvent élevée puisque cette vivace s’implante graduellement dans les espaces créé par la mort des légumineuses. Avec le labour, les rhizomes de chiendent se retrouvent enfouis mais ne meurent pas; on achète un peu de temps pour la première saison, mais les rhizomes recoloniseront graduellement les couches supérieures et le chiendent fera compétition aux cultures suivantes pour toute la séquence de céréales.
La séquence de destruction de prairie par la jachère (après la 1re ou la 2e coupe) favorise au contraire la décomposition en surface des résidus, permet d’activer la vie du sol et de contrôler les mauvaises herbes vivaces.
Déchaumage de la prairie : comment?
Il s’agit d’abord de fendre la prairie en surface (7 à 10 cm) avec l’instrument qui est disponible. Lors d’une démonstration à la ferme, six outils ont été mis à l’essai pour le déchaumage d’une et cinq d’entre eux ont produit un résultat intéressant (voir le résumé technique de la démonstration).
Des passages réguliers sont ensuite faits (vibroculteur, herse à disque ou autre) pour affaiblir les rhizomes de chiendent et les mauvaises herbes vivaces par assèchement ou épuisement (voirDuval et collaborateurs pour plus de détails).
Selon le moment choisi pour débuter la séquence (après la 1re ou la 2e coupe), un engrais vert peut être semé et/ou une culture d’automne. Une céréale fourragère, récoltée en vert, peu également être semée, ce qui permet de compenser pour la coupe de foin perdue. Il est important de NE PAS LAISSER LE SOL À NU APRÈS LA JACHÈRE. En effet, les passages répétés, en effritant le sol, ont un effet déstructurant temporaire.
Les essais 2011 : entre la théorie et la pratique
Cette année, deux producteurs ont mis à l’essai la méthode de destruction d’une prairie par déchaumage suivie d’une jachère (voir le document Ajouts au protocole du G.R.A.IN. 2011). Puisque l’on veut prendre en considération l’effet de la méthode sur les rendements de la culture suivante, les résultats comparatifs officiels, incluant un budget partiel, seront disponible l’an prochain seulement. Jusqu’à présent, l’étape de la jachère semble le plus gros défit de la méthode. Dans nos sols limoneux, il est en effet difficile de bien séparer les rhizomes du sol pour les faire sécher en surface. La méthode par épuisement quant à elle exige du temps et de la patience que les producteurs n’ont pas toujours le loisir de s’accorder! C’est donc à suivre…
Documents pertinents :
Résumé technique de la démonstration au champ d’outils de déchaumage (le G.R.A.IN.)
Protocole de l’essai de destruction de prairie 2011 (le G.R.A.IN.)
Moyens de lutte au chiendent en production biologique (Jean Duval et collaborateurs)
Contrôle mécanique des vivaces – Journée champêtre 2003 (MAPAQ – Centre-du-Québec)
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